Rabat – Les chercheurs Khalil Tafakji et Talal Abu Afife ont présenté à Rabat leur vision autour du thème : « Le récit palestinien et la protection de la présence arabo-islamique à Jérusalem », lors d’un colloque organisé par l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif au Salon international de l’édition et du livre, en présence du directeur de l’Agence, Mohamed Salem Echarkaoui.
Les deux chercheurs ont insisté sur la nécessité de dépasser les limites de la couverture médiatique et la faiblesse de la production académique arabe concernant l’importance religieuse et civilisationnelle de Jérusalem. Ils ont souligné l’importance d’un discours global reconnaissant l’identité islamo-chrétienne partagée de la ville, ainsi que l’élaboration d’un récit « neutre » capable de contester les thèses historiques de l’extrême droite israélienne, en raison de leur absence de fondement scientifique.
Khalil Tafakji, directeur du département des cartes à Bayt Al-Maqdis à Jérusalem et auteur de « Settlement in Jerusalem », a mis en avant les efforts du Maroc, sous la conduite de Mohammed VI, président du Comité Al-Qods, pour renforcer la résilience du peuple palestinien à Jérusalem, à travers le soutien à l’éducation, aux institutions sociales et aux projets de réhabilitation urbaine, notamment dans un contexte marqué par les restrictions empêchant les Palestiniens de construire à Jérusalem-Est.
Il a également rappelé l’importance de Jérusalem pour les trois religions et mis en lumière les contradictions entre les récits palestinien et israélien, tout en soulignant les mesures prises par les autorités d’occupation pour imposer leur version des faits sur le terrain.
Dans le même contexte, Tafakji a mis en garde contre les politiques de « judaïsation » menées par Israël, visant la géographie de la ville à travers le remplacement des noms arabes des rues et des lieux par des noms hébreux, ainsi que les transformations démographiques à Jérusalem-Est occupée visant à réduire la présence palestinienne, en plus des tentatives de reconfiguration du récit palestinien via la modification des programmes éducatifs.
L’écrivain et conseiller juridique Talal Abu Afife a, pour sa part, souligné que Jérusalem est engagée dans une lutte existentielle difficile et continue pour défendre son identité et son récit historique authentique face aux tentatives de transformation de la réalité. Il a salué le soutien du Maroc, notamment à travers l’action de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, qui œuvre de manière discrète mais efficace pour renforcer la résilience des habitants de la ville.
Il a attiré l’attention sur les tentatives directes d’effacement de l’identité culturelle de la ville, à travers la fermeture d’institutions culturelles et l’interdiction d’activités récréatives pour les enfants, visant à effacer les repères arabes, islamiques et chrétiens, soulignant que la ville subit une « érosion démographique et géographique quotidienne ».
Abu Afife a affirmé l’engagement des intellectuels et de la société civile à renforcer l’identité nationale palestinienne à Jérusalem à travers des initiatives de terrain continues, notamment la préservation du patrimoine immatériel, comme la promotion du costume traditionnel palestinien (le qambaz et le keffieh pour les hommes, ainsi que les robes brodées pour les femmes), ainsi que la sensibilisation des jeunes générations.
L’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif participe à la 31ᵉ édition du Salon international de l’édition et du livre, qui se tient jusqu’au 10 mai 2026, avec un pavillon présentant ses dernières publications ainsi qu’un espace dédié aux enfants mettant en avant les produits de la plateforme « Hayya », destinée à promouvoir les valeurs et les vertus de Jérusalem auprès des jeunes générations.
L’Agence organisera également un autre colloque le mardi 5 mai 2026, autour du thème : « Jérusalem à travers les regards marocains : dans les biographies, les classes sociales et la production esthétique palestinienne », présentant les résultats de projets de recherche réalisés cette année au Centre de recherche et d’études « Bayt Al-Maqdis » à Rabat et à la Chaire des études marocaines à l’Université Al-Qods.

















