Amman – Mohamed Salem Echarkaoui, directeur par intérim de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, relevant du Comité Al-Qods présidé par Mohammed VI, a souligné que « l’investissement dans le soutien à Jérusalem et à ses institutions constitue à la fois un devoir moral et un impératif humanitaire, reflétant un engagement constant à préserver l’identité de la ville et à renforcer la résilience de ses habitants ».
Invité lundi soir de l’émission jordanienne Eye on Jerusalem, diffusée sur la télévision publique, M. Echarkaoui a réaffirmé que l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif demeure pleinement engagée à mettre en œuvre les Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI afin de poursuivre son action à Jérusalem en toutes circonstances. Il a également présenté les principaux axes du plan d’action de l’Agence pour l’année 2026 en faveur de la Ville Sainte.
Le directeur de l’Agence a salué les efforts constants de la tutelle hachémite sur Jérusalem et ses lieux saints, soulignant son rôle central dans la protection de la ville et la préservation de son héritage religieux et civilisationnel.
Intervenant dans une émission consacrée à la situation du secteur commercial à Jérusalem, M. Echarkaoui a indiqué que l’Agence a élaboré un programme intégré de soutien aux commerçants de Jérusalem, en partenariat avec la Chambre arabe de commerce et d’industrie à Jérusalem, visant à les accompagner dans leur adaptation aux mutations économiques et à leur permettre d’accéder à de nouvelles opportunités de marché dans un contexte économique de plus en plus complexe et évolutif.
Il a précisé que ces initiatives interviennent alors que les marchés de la Vieille Ville de Jérusalem traversent une crise sans précédent, ayant fortement perturbé l’activité commerciale, affaibli le pouvoir d’achat et conduit à la fermeture d’un nombre croissant de commerces.
M. Echarkaoui a souligné que faire face à cette réalité nécessite de dépasser le simple diagnostic de la crise pour proposer des solutions concrètes tenant compte de la nature évolutive des défis auxquels la ville et ses habitants sont confrontés, rappelant que les soutiens financiers, quelles qu’en soient les sources, restent insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins.
Il a expliqué que l’Agence adopte une approche multidimensionnelle combinant l’assistance sociale directe et le développement de projets durables à fort impact dans des secteurs vitaux tels que l’éducation, la santé, la culture, ainsi que l’économie.
Parmi les initiatives concrètes, l’Agence a mené, lors du dernier mois de Ramadan, une vaste campagne d’aide sociale d’une valeur d’un million de dollars. Celle-ci a consisté en l’achat de produits auprès de commerçants locaux et en la distribution de bons d’achat aux familles, contribuant ainsi à dynamiser, dans une certaine mesure, l’activité économique dans la Vieille Ville. Par ailleurs, l’Agence a lancé la deuxième phase de son programme de formation professionnelle en import-export, visant à renforcer les compétences des commerçants et à les doter, sur les plans juridique et technique, des outils nécessaires pour répondre aux exigences du marché moderne.
M. Echarkaoui a indiqué que la faible compétitivité des produits palestiniens constitue l’un des défis majeurs, en raison notamment de la hausse des coûts de production et des fluctuations monétaires. Il a insisté sur le fait que le renforcement des capacités des commerçants et la formation technique sont tout aussi essentiels que le soutien financier.
Il a également affirmé que relever les défis économiques de Jérusalem requiert des approches innovantes dépassant le cadre traditionnel de l’assistance caritative. Il a ajouté que l’Agence a accompagné 34 startups palestiniennes portées par des jeunes dans les domaines de l’innovation et du renouveau, dont certaines ont réussi à s’implanter sur des marchés internationaux, notamment à Dubaï, en Italie et ailleurs.
Malgré ces interventions, M. Echarkaoui a reconnu que les besoins à Jérusalem dépassent largement les ressources disponibles. Il a relevé que de nombreux engagements internationaux ne se concrétisent pas sur le terrain, alors que le soutien marocain se distingue par sa mise en œuvre directe et son impact tangible, bien que limité sur le plan financier.
En conclusion, il a souligné que l’intervention de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif ne se limite pas à la dimension économique, mais s’étend également aux domaines de l’éducation et de la santé, étroitement liés au pouvoir d’achat et à la stabilité sociale. L’Agence a ainsi construit et réhabilité environ 1 300 salles de classe et financé entièrement 10 établissements scolaires dans le cadre du soutien marocain, consacrés en tant que waqf islamique dédié à l’éducation à Jérusalem.

















