Rabat, le 15 mai 2026
« Nous ne sommes pas des héros, et nous ne voulons pas être des victimes… nous sommes simplement des enfants qui aiment la vie. Nos rêves sont aussi vastes que les minarets de Jérusalem et notre détermination aussi forte que ses montagnes. Nous ne sommes ni des chiffres ni des images que les médias font circuler. »
C’est par ce message que six enfants de Jérusalem participant à la sixième édition de la Simulation du Sommet international des enfants pour Jérusalem ont résumé leur vision de la manière dont les médias devraient les présenter au monde.
Pour ces enfants, ce sommet — organisé par l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif (BMAQ) sous le thème « Pour des médias qui rendent justice aux enfants palestiniens » — n’a pas été une simple activité ni un voyage ordinaire hors de Jérusalem, mais une occasion rare de s’exprimer tels qu’ils souhaitent être vus par le monde, plutôt qu’à travers l’image véhiculée par les journaux télévisés.
Pendant plusieurs jours, 64 enfants issus de 24 pays ont participé à des sessions de dialogue ainsi qu’à des ateliers éducatifs et artistiques consacrés à la représentation médiatique des enfants palestiniens. Ils ont également écouté les témoignages directs d’enfants de Jérusalem relatant leur quotidien, leurs aspirations et leurs réactions face à l’image qui leur est souvent attribuée dans les médias.
Karim Ali Mohammed Daoud, élève jérusalémite de 14 ans, mémorisateur du Saint Coran et passionné de football, déclare :
« Mon rêve n’a pas besoin de visa et ne s’arrête pas à un poste de contrôle militaire. J’ai appris que la détermination sur le terrain fait partie de ma résilience dans la vie, et que chaque but que je marque est un message affirmant que nous sommes là, que nous jouons, grandissons et nous attachons à la vie. »
Il ajoute : « Je rêve que les esplanades de la mosquée Al-Aqsa deviennent un espace sûr où je puisse réciter le Coran en paix, et que mes pas sur les terrains de sport me conduisent vers les universités et les hôpitaux afin de réaliser mon plus grand rêve : devenir médecin. »
Et de poursuivre : « Nous voulons des médias qui reflètent notre véritable image et racontent des histoires de réussite et d’espoir, et non des médias qui ne nous voient qu’à travers des scènes de tristesse et de peur. »
Les rêves des enfants de Jérusalem ne diffèrent guère de ceux des autres enfants du monde : parmi eux figurent un joueur de basketball qui aspire à devenir gestionnaire d’entreprise, une cavalière qui rêve de devenir pédiatre, une jeune fille passionnée de lecture qui souhaite devenir médecin, une autre qui confectionne des bracelets et des objets artisanaux et ambitionne de devenir vétérinaire, ainsi qu’un enfant passionné d’informatique qui rêve de devenir footballeur professionnel.
Karim Daoud a remercié le Royaume du Maroc, son Roi, son gouvernement et son peuple pour leur soutien constant aux enfants de Jérusalem et pour l’attention portée à leurs rêves.
Dans l’une des salles de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif à Rabat, les barrières linguistiques et les différences de nationalité se sont estompées. Autour d’une même table, des enfants vêtus de leurs costumes traditionnels échangeaient sur la représentation médiatique des enfants palestiniens, partageant dessins, messages manuscrits et conversations spontanées, dans une atmosphère où l’innocence se mêlait à la solidarité.
Loin des considérations politiques et des statistiques souvent impersonnelles, la jeune Marocaine Aya Ouahman a écrit ce message :
« Nous sommes fiers de vous. Vous êtes un exemple de détermination et de résilience… Vive la Palestine bien-aimée. »
Quant à la Saoudienne Fawziya Al-Otaibi, âgée de 13 ans, elle a choisi des mots simples et sincères :
« Nous sommes fiers des enfants de Palestine et nous leur souhaitons sécurité et paix. Tous les pays arabes prient pour leur victoire… Les enfants de Palestine sont les plus forts et les plus bienveillants. »
À travers les sessions de dialogue, les ateliers et les visites éducatives, les enfants de Jérusalem ont eu l’occasion de raconter leur quotidien, d’exprimer leurs sentiments lorsqu’ils voient des images d’enfants palestiniens dans les médias et de partager leurs rêves les plus simples : vivre, comme tous les autres enfants du monde, dans la sécurité et la paix.
Le directeur de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, Mohamed Salem Echarkaoui, a expliqué que ce sommet constituait un espace de réflexion et de dialogue sur la manière dont les enfants palestiniens sont représentés dans les médias internationaux. Il a également permis aux enfants de Jérusalem d’exprimer leur point de vue sur les stéréotypes qui leur sont souvent associés et sur la manière dont ils sont présentés, tantôt comme des héros, tantôt comme des victimes.
M. Echarkaoui a souligné que les enfants palestiniens « ne sont ni des héros ni des victimes », mais avant tout des enfants jouissant des mêmes droits que tous les enfants du monde, notamment le droit à la vie, à l’éducation, au jeu et à la sécurité. Il a appelé à une représentation médiatique plus juste et plus respectueuse de leur réalité humaine.
Les enfants palestiniens vivent aujourd’hui dans des conditions particulièrement difficiles en raison des politiques d’occupation. Les privations qu’ils subissent ne se limitent pas à leurs droits fondamentaux à l’éducation, au jeu et à la sécurité. Les statistiques indiquent également que plus de 19 000 enfants et élèves ont été tués, tandis que des centaines d’autres ont été arrêtés dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem depuis le 7 octobre 2023.

















